présentation des peintures synchronistiques

jeudi, avril 03, 2025

Le rapt de Proserpine

 

Gilles Chambon, Le rapt de Proserpine, huile sur toile 45 x 55 cm, 2025

Près de l'Etna, Pluton jadis enleva Proserpine, fille de Déméter, pour l'épouser en enfer. Sa disparition de la surface terrestre engendra aussitôt la fin de la végétation. Alors les dieux lui permirent de revenir auprès de sa mère pendant huit mois de l'année, et de ne rester que quatre mois dans le royaume des ombres. Et chaque année cette sombre période est marquée par l'hiver, où les arbres semblent mourir, pour ne renaître qu'au printemps, avec les fleurs.

Beaucoup de poètes et de peintres ont raconté cette histoire qui comme les saisons, est peut-être destinée à renaître éternellement sous la plume ou le pinceau.

 

La mienne est synchronistique, inspirée de Claude Weisbuch (1927-2014) et d'Afro Basaldella (1912-1976), avec un petit clin d'œil à Rubens qui avait intégré la déesse Minerve à sa composition.

vendredi, mars 21, 2025

Ariane abandonnée

 

Gilles Chambon, Ariane abandonnée, huile sur toile 50 x 73 cm, 2025

Le mythe d'Ariane, fille de Minos et complice amoureuse de Thésée, connaît plusieurs versions. Dans la plus connue, après avoir aidé le héros Athénien à sortir du Labyrinthe où il avait tué le Minotaure, elle quitte Cnossos et part avec lui rejoindre Athènes, où il doit l'épouser. Ils font escale sur l'île de Dia (ou Naxos)... Mais Thésée, sous prétexte de l'approche d'une tempête, l'abandonne et repart sans elle vers Athènes. Ariane sombre alors dans la dépression et plonge dans le sommeil, jusqu'à la mort selon certains, ou, selon d'autres, jusqu'à ce que Dionysos lui fasse oublier Thésée et la prenne pour épouse...

 

Beaucoup de peintres ont représenté Ariane endormie, tantôt avec Dionysos, tantôt seule. La sculpture antique d'Ariane endormie, dont une copie romaine se trouve au Vatican (achetée par le pape en 1521) a notamment beaucoup inspiré Giorgio de Chirico. Pour lui, Ariane endormie est le symbole de la mélancolie, elle "exprime le tempérament saturnien de l’être artiste seul au monde, devant faire face à l’ombre, à la négation, au non-être, à la mort" (Sylvain Foissey).

 

Pour exprimer cette mélancolie et cette solitude intérieure de l'artiste, j'ai choisi d'adapter l'Ariane du "Bacchus découvrant Ariane à Naxos" des frères Le Nain (musée des Beaux-Arts d'Orléans). Je l'ai placée synchronistiquement dans un paysage inventé à partir d'une peinture de Serge Charchoune (1888-1975).

dimanche, mars 16, 2025

La machine à recoudre les rêves

 

Gilles Chambon, La machine à recoudre les rêves, huile sur toile 48 x 80 cm, 2025

Pendant le sommeil, mes rêves s'enchaînent et se déchaînent, dans une succession généralement si décousue qu'il m'est impossible d'en comprendre le sens. Mais un jour, ou plutôt une nuit, la stridulation des grillons s'est mise à envahir mon esprit endormi et a provoqué une vision paradoxale de forme hybride, que j'interprète comme une machine à recoudre les rêves...

 

Cette histoire est bien sûr inventée, mais il n'en est pas moins vrai que dans ma peinture synchronistique – qui rapproche ici des personnages empruntés au peintre britannique William Etty (1787-1849) et une composition inspirée de l'artiste austro-américaine Erika Giovanna Klien (1900-1957) – cette machine hybride m'est soudainement apparue, et m'a permis de comprendre la signification du tableau !

vendredi, mars 07, 2025

L'ivresse du pouvoir

Gilles Chambon, L'ivresse du pouvoir", huile sur toile 75 x 95 cm, 2025

Ce tableau synchronistique est construit à partir du "Silène ivre" de José de Ribera (1626). Le côté décadent, paresseux, et un peu ridicule que Ribera avait donné à son personnage ("Silène est affalé comme une baleine échouée, posant en Vénus obèse"), est ici réaffirmé comme parfait symbole de l'actuel triumvirat américain (Trump, Musk, Vance) ivre de son pouvoir, au point d'en oublier toute décence, et de souiller l'image de l'Amérique.

 Un petit clin d'œil est fait pour l'occasion à Jasper Jones, qui avait pris le drapeau américain comme sujet de plus de 40 toiles.


jeudi, février 27, 2025

Une allégorie maritime

 

Gilles Chambon, "Une allégorie maritime", huile sur toile 46 x 61 cm, 2025

Comme le disait la chanson de Renaud, "C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme"... Elle nous prend par son horizon bleu, par les reflets de ses vagues argentées, par sa profondeur mystérieuse, par son sourd bruissement toujours recommencé, par ses promesses d'un ailleurs plus clément, et par toutes les pêches miraculeuses que ses étranges abysses nous promettent.

 

Mon tableau est une rêverie synchronistique sur cette emprise maritime. Tout s'y transforme, les barques de Monet en mains douloureuses, inspirées de van Dongen, et la montagne en une pieuvre rampante, sortie d'une encyclopédie.

Mais pas d'allégorie maritime sans une sirène ! La mienne vient tout droit d'un tableau de Herbert Draper (1863–1920) où elle tentait en vain Ulysse.