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| Gilles Chambon, Les signes du zodiaque, 12 huiles sur toile, assemblées en un panneau de 181 x181 cm, 2026 |
Quand les humains ont commencé à lever la tête vers le ciel, ils ont d'abord vu le chaos des étoiles, et ils ont voulu le comprendre.
Comprendre, c'est débusquer l'ordre sous-jacent qui relie entre elles toutes les bizarreries du monde. Alors ils ont établi des sphères tournant autour de la terre, dans chacune desquelles se trouvaient les étoiles fixes (constellations), les étoiles mobiles (planètes), et les deux grands luminaires (le soleil et la lune)... Mais les mouvements des astres étant plus compliqués qu'il n'y paraît, aux trois sphères de base, ils en ajoutèrent d'autres, l'astronome Callippe de Cyzique allant jusqu'à quarante-deux sphères supplémentaires pour expliquer toutes les irrégularités...
Comprendre, c'est aussi replacer les choses matérielles observées, dans le grand roman métaphysique dont nous avons besoin pour donner un sens à cet univers où nos consciences ont mystérieusement éclos. Alors les constellations, les astres, et les mois de l'année ont rejoint la mythologie. Les constellations que traverse chaque mois le soleil sont ainsi devenues les douze signes du zodiaque, et chaque signe renvoyant, par définition, à un sens caché, l'imaginaire en a pris possession.
J'en offre ici une version qui, contrairement à mes constructions synchronistiques habituelles, est apparue spontanément sous mon crayon il y a vingt-sept ou vingt-huit ans, en à peine plus d'un quart d'heure, sans réfléchir préalablement, sans même comprendre les sens cachés qui pouvaient s'y glisser... J'avais laissé parler mon inconscient en recourant, comme les surréalistes, à une sorte d'écriture automatique, chaque signe tracé au crayon faisant la taille d'un timbre-poste. Je les avais ensuite agrandis un peu, pour les mettre en couleur et réaliser une série de petites huiles sur papier. Je n'ai jamais vraiment cherché à les interpréter, mais j'ai eu envie, cette année, de leur donner plus d'importance, en les reprenant en plus grand format sur toile, avec quelques petites variations, et en les assemblant à la manière de certains livres d'heures de la Renaissance. Je laisse donc leur interprétation à la sagacité des psychologues, et leur appréciation au goût – et j'espère au plaisir – des amateurs !

