présentation des peintures synchronistiques

mardi, février 03, 2026

REFLECHIR PLUS LOIN

 

Gilles Chambon, "Perspective philosophique", huile sur toile 45 x 70 cm, 2022

Idées de droite, idées de gauche, réactionnaires, progressistes, néo-machins et crypto-bidules, fascistes, racistes, anti-ceci, anti-cela... La pensée politique a rarement été aussi schématique et partisane qu'aujourd'hui. Le recul historique nous montre qu'aucun système de gouvernement des sociétés humaines n'est parfait, mais que leur évolution sur la longue durée peut apporter certains éclairages sur les façons de résoudre les problèmes économiques et sociaux, endémiques à tous groupements humains, des plus étroits aux plus larges. Sur les façons aussi de résoudre les conflictualités intergroupes. Sachant d'autre part que toute médaille à son revers : quand on se dirige vers la lumière, on produit aussi de l'ombre.

 

Ce préambule était nécessaire pour tenter d'en finir avec les caricatures et idéologies à l'emporte-pièce. La particularité du monde d'aujourd'hui est qu'il est interconnecté en temps réel, et que l'expansionnisme humain, sur une planète aux dimensions modestes, commence à poser de sérieux problèmes.

Alors pour mieux renouveler le débat théorique sur les chemins et les formes de pilotage que doivent prendre au XXIe siècle les sociétés humaines, il est nécessaire de regarder les choses sous différents angles successifs :

 

1/ problème démographique et d'écologie

 

2/ problème de développement harmonieux des consciences individuelles (conditions de vie, éducation, amélioration de l'esprit critique)

 

3/ problème de managements politiques (systèmes d'organisation et de régulations intragroupes et intergroupes)

 

4/ problème de l'évolution de l'espèce (évolution de la procréation, rapport entre les sexes, gestion de la santé et des caractéristiques physiques et psychiques des individus, impacts technologiques – notamment IA)

 

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1/ problème démographique et d'écologie

 

Nous ne savons pas aujourd'hui comment procéder pour éviter l'accroissement délétère de la population humaine sur une planète dont les dérèglements majeurs sont liés directement à cette emprise démographique : nous étions quatre milliards en 1974, nous sommes maintenant huit milliards... alors que le meilleur étiage pour préserver la diversité biologique aurait été sans doute de limiter l'espèce humaine à trois milliards.

Certains, comme les libertariens, pensent que l'amélioration de l'humain par la technologie et que les possibilités d'expansion vers d'autres planètes, sont les seules façons de résoudre ce problème, à moyen ou long terme.

Les écologistes pensent que c'est la frugalité qui, si elle augmente aussi vite que l'expansion démographique, arrivera à limiter les effets délétères de l'invasion humaine sur toute la terre.

D'autres pensent que la pression démographique, en augmentant la conflictualité, finira par engendrer une déflagration mondiale meurtrière, qui réduira fortement les nombre d'humains, mais qui hélas produira aussi des dommages irréversibles sur la biosphère.

Trop peu de penseurs réfléchissent sur les possibilités d'inverser la croissance démographique : il est vrai que c'est très compliqué, parce que l'accroissement de la richesse et de la prospérité est lié à l'augmentation démographique, et parce que la décroissance (qui était à la mode chez les penseurs écologistes des années 80) mettrait en péril la nation qui s'y astreindrait vis à vis de celles qui cherchent la puissance par l'expansionnisme. L'idéal serait alors une instance régulatrice mondiale, capable de fixer à chaque pays des quotas de population ; mais pour cela il faudrait une gouvernance mondiale ayant les moyens de contraindre les récalcitrants... Évidemment on en est très loin. C'est même peut-être quelque chose d'impossible, car il n'est pas sûr qu'un gouvernement fédérant toutes les nations puisse être créé en l'absence de menace extérieure. Ce qui est certain, dans le monde tel qu'il s'est agrégé au cours de l'histoire récente, c'est qu'avec 197 états, il est beaucoup plus difficile de contrôler et planifier qu'avec un nombre réduit. On peut alors regretter que les empires coloniaux n'aient pas réussis à intégrer leurs conquêtes en donnant aux peuples soumis les possibilités de se faire une place normale dans l'empire, comme cela avait été en partie le cas dans l'empire romain, et que de fait la seule solution pour ces peuples ait été l'accès à l'indépendance, créant un grand nombre de nations nouvelles. On observe que la tendance actuelle est plutôt la constitution de blocs concurrents, chacun d'entre eux essayant de s'opposer aux autres ; donc expansionnisme et capitalisme, rien de bon pour endiguer la croissance ; le scénario le plus probable devenant hélas la déflagration mondiale que tout le monde redoute à juste titre. On blâme en occident la fermeture des frontières et la lutte contre l'immigration, mais ça peut être un moyen efficace de limiter au niveau mondial la croissance démographique, empêchant pour les États riche le renouvellement de population par l'extérieur, et obligeant les États démunis à modifier leurs logiques familiales ou claniques et à pratiquer le malthusianisme.

 

 

2/ problème de développement harmonieux des consciences individuelles (conditions de vie, éducation, amélioration de l'esprit critique)

 

Si les religions ont été depuis la nuit des temps un moyen efficace d'expliquer la condition fragile des hommes et de développer un imaginaire collectif pour souder ensemble des groupes humains se dévouant au même pouvoir invisible mais intangible, il est devenu évident, depuis le développement des connaissances liés à l'esprit des lumière et à la méthode scientifique, que les religions, si elle sont prises au pied de la lettre, confinent aujourd'hui à l'obscurantisme et à de multiples formes de régression. Par contre, tout le développement culturel marqué par l'histoire des religions peut toujours contribuer à renforcer le ciment de l'imaginaire collectif. Il ne faut donc pas les ignorer dans l'enseignement, mais plutôt les voir comme une sorte d'assaisonnement du savoir, capable de titiller les papilles intellectuelles pour s'attaquer aux problèmes relevant de la transcendance et de la métaphysique, pour lesquelles la science reste incapable de dire le réel.

La liberté de conscience et la liberté d'expression doivent donc être garanties, tant qu'elles respectent le corpus des connaissances acquises sur le monde matériel que nous partageons.

On peut se questionner sur les meilleures structures capables de promouvoir cette liberté et d'encourager la curiosité, nécessaire pour faire avancer la recherche. L'école publique accessible à tous reste aujourd'hui la solution la plus rationnelle. Mais elle n'est pas le seul instrument pour garantir le développement harmonieux et l'esprit critique. Le petit groupe humain (famille) qui enveloppe l'enfant jusqu'à l'adolescence est fondamental pour l'équilibre développement affectif/développement intellectuel. Dans le Manifeste du parti communiste, Marx et Engels parlaient de « l’abolition de la famille ». Ils espéraient dans la société communiste, un encadrement social des enfants dès le plus jeune âge. Cela montre surtout que ces deux hommes manquaient totalement de compétences et de connaissances sur ce que représente le noyau familial pour la formation de la psyché individuelle, dans toutes les formes de sociétés humaines depuis la nuit des temps, et son rôle fondamental (pour ne pas dire naturel). Ce noyau est évidemment variable selon les cultures, étendu aux mères, pères, grands-mères, oncles, tantes, adolescents du même groupe chez les chasseurs-cueilleurs, organisé de façon patriarcale (père et frères dominants) dans beaucoup de régions d'Europe de l'Est et Moyen-Orient (cf. O. Todd), limité au couple et ses enfants dans la famille occidentale bourgeoise classique (couple et enfants avec père et fils aîné dominants), ou encore famille occidentale moderne (couple et enfant sans statut dominant pour l'un des parents ou l'un des enfants). La nouveauté est l'apparition de nombreuses familles recomposées, dans lesquelles les rôles de chacun s'entremêlent, source de conflictualité mais aussi d'ouverture, de fluidité. La liberté de formation des familles, beaucoup plus grande qu'auparavant, est un bienfait à condition qu'elle reste encadrée par des règles qui garantissent les mêmes droits à chacun.

 

 

3/ problème de managements politiques (systèmes d'organisation et de régulations intragroupes et intergroupes)

 

Dans toutes les formes d'organisations collectives, tous les individus sont concernés mais tous ne s'investissent pas de la même façon, et tous n'ont pas forcément la même autorité. Le principe de la démocratie est que ceux qui ne s'investissent pas délèguent l'action à quelqu'un qui les représentera ; parce qu'ils ont confiance en lui ou elle, confiance d'une certaine façon dans son autorité. Le jeu des délégations successives, à différentes échelles, avec toujours une mise en concurrence des équipes délégataires représentant différents groupes, permet le fonctionnement démocratique, avec un délai de validité plus ou moins long (en général quelques années) après lequel les délégations se renouvellent. Mais cette hiérarchie des responsabilités et du pouvoir de décision ne fonctionne bien que s'il y a consensus sur les valeurs les plus importantes du groupe, qui sont inscrites dans une constitution ou une charte, et sur les règles de fonctionnement, fixées par les lois et règlements. Il y a cependant plusieurs écueils qui perturbent de façon endémique les systèmes de gouvernance démocratique. Pour obtenir le soutien de ceux qu'ils vont représenter, les élus ont naturellement tendance à exagérer les promesses ; ce qu'on nomme le populisme. Et leur autorité (basée sur les connaissances et compétences individuelles) a parfois été mal évaluée, l'expression partisane prévalant en général largement sur les réelles compétences. Le mythe de l'égalité absolue entre les humains a tendance à fausser la donne, parce qu'il tend à dénier toute forme de supériorité, de hiérarchie, et laisse penser que n'importe quel individu, pourvu qu'il en ait la volonté et qu'il soit adoubé par sa base, et capable d'assumer l'autorité et la prise de décisions. D'où l'émergence des théories que l'on nomme "néo-réactionnaires", qui veulent limiter l'exercice de la démocratie à ceux qui ont les capacités intellectuelles nécessaires pour comprendre le monde et pouvoir diriger les groupes humains de façon plus rationnelle et plus efficace. C'est là qu'on voit combien la notion d'égalité peut être un piège, mais aussi combien la remettre en question peut être dangereux. En fait il faut constater qu'il n'y a pas d'égalité de fait, mais qu'un des rôles d'une société est permettre une fluidité des individus (ils peuvent monter dans l'échelle sociale s'ils sont performants, et descendre s'ils ne le sont pas assez). Une société doit aussi à tous ses membres, solidarité et assistance, sans jamais essentialiser ceux qui a un moment donné ont besoin d'assistance. Le devoir principal de la société est de les aider à sortir de l'assistance, pas de les encourager à y rester, ce qui est un des travers de l'état social. Et là il faut revenir sur les fondements du socialisme dont les penseurs n'envisageaient l'émancipation des défavorisés que par une lutte collective, comme s'il devait rester impossible aux individus de progresser par eux-mêmes... Au contraire, il fallait selon eux, renforcer la conscience de classe (démunie, exploitée) pour pouvoir renverser l'exploiteur. C'est une vision très noire de la société, dans laquelle chaque groupe ne souhaiterait que la soumission et l'exploitation pour l'un, et que la révolution pour l'autre. En fait cette analyse est dangereuse parce qu'elle postule que les inégalités ne résultent que d'un système d'exploitation et de domination pervers, dont les bénéficiaires ne souhaitent que l'éternelle reconduction. Le système patriarcal, qui est le modèle réduit de cette conception de la société, a des causes très terre à terre dans la protohistoire où il fallait optimiser les qualités individuelles (force physique pour les hommes, protection et soin pour les femmes) si on voulait survivre dans le monde hostile. Cette répartition des rôles s'est perpétué si longtemps qu'elle a impacté la biologie-même des sexes, et s'est ancrée dans la plupart des civilisations humaines. Mais au sortir de la protohistoire, les conditions de développement des sociétés ont peu à peu changé, créant un décalage entre les structures sociales anciennes et les exigences nouvelles... Le changement des conditions de vie et donc des besoins en efficacité évolue toujours beaucoup plus vite que les structures héritées d'un passé ancien. D'où ces tiraillements et ces tâtonnements pour réactualiser les structures sociales. Aujourd'hui où l'intelligence est devenue le moteur principal de l'évolution des sociétés humaines, et où la force physique n'a plus vraiment d'intérêt, il est évident que l'égalité des sexes doit concourir à mobiliser tous les cerveaux. Il reste que la biologie humaine n'évoluant que très lentement, les hommes et les femmes continuent à être physiquement (et sans doute psychiquement) très différents. Mais ils ne doivent pas être essentialisés, et pourront peut-être à l'avenir se rapprocher physiquement (chez certains mammifères, les différences physiques entre les deux sexes sont très faibles). Cela nous amène au point 4/.

 

4/ problème de l'évolution de l'espèce (évolution de la procréation, rapport entre les sexes, gestion de la santé et des caractéristiques physiques et psychiques des individus, impacts technologiques – notamment IA)

 

L'évolution du rapport entre les sexes accélère énormément en ce début de XIXe siècle. L'archaïsme du patriarcat ne correspond plus ni aux mentalités ni aux besoins de la société hyper concurrentielle et médiatisée dans laquelle nous vivons (en occident mais aussi dans de plus en plus nombreux pays du monde). La fluidité, l'adaptabilité, la réactivité, sont des atouts que seule peut apporter une société où tous les individus sont libres et peuvent s'engager sur les voies qui leurs correspondent le mieux. Donc les hommes cessent de dominer les femmes, et c'est heureux. Le partage de l'éducation apportée aux enfants se répand petit à petit. On peut aussi imaginer que l'explosion actuelle des théories de genre, et de déconstruction du masculin, sont une prémisse à une évolution biologique de l'espèce humaine, qui rebattra peut-être les cartes. À ce propos le développement rapide de l'IA et des technologies médicales (IoT, IoB), annonce aussi une réévaluation des statuts individuels dans la société. Aides pour compenser toutes formes de handicaps et de déficiences humaines, dont celles liées à la vieillesse, implants de toute nature, et en définitive un chemin tracé vers le transhumanisme, qui fait peur à beaucoup mais qui paraît de plus en plus inéluctable. D'autant que si on refuse l'évolution biotechnologique, il n'est pas impossible qu'un jour, une forme de conscience (non individuelle) émerge des réseaux connectés de l'IA et de la maîtrise qu'ils auront des systèmes de production matériels. Et que la dynamique de cette conscience soit de supplanter les consciences humaines individuelles. On est là bien sûr dans le registre de la science-fiction, mais l'histoire nous montre que celle-ci est parfois rattrapée, ou même dépassée par la réalité. Le fantasme d'une guerre avec les extraterrestres n'est en fin de compte que la prémonition d'une guerre entre l'homme et ses créations d'IA les plus sophistiquées. Et si le lecteur veut bien me suivre en prenant un recul suffisant pour contempler (de Sirius) l'évolution de la vie sur notre petite planète, il verra qu'il y a beaucoup de hasards et peu de stratégies, beaucoup d'imagination et beaucoup d'échecs, mais que globalement l'apparition de la conscience individuelle et de l'intelligence humaines est inscrite dans la flèche de l'évolution, et que si on s'efforce de comprendre sa trajectoire, on se demande si tout ça n'a pas pour but de créer quelque chose qui puisse se répandre dans l'espace intersidéral... Et dans ce domaine, la fragilité biologique du vivant est un gros obstacle. Il n'est donc pas interdit de penser que l'apparition de la vie n'est qu'une étape, une façon de créer la conscience, et que la prochaine étape est peut-être celle où cette conscience se détachera du "vivant biologique", pour mieux affronter le vaste univers. Nous autres humains avons donc du souci à nous faire... mais rien n'est écrit. Simplement restons ouverts aux exigences du progrès et tenons-nous sur nos gardes.

dimanche, janvier 25, 2026

Sexes aequo

 

Gilles Chambon, "Sexes aequo", huile sur toile 65 x 54 cm, 2026

"Sexes" est un palindrome. D'ailleurs notre culture occidentale contemporaine a de plus tendance à effacer la séparation des rôles entre hommes et femmes, les sexes pouvant ainsi s'équivaloir dans les deux sens. Il semble cependant que l'accouchement reste un rôle dévolu seulement au sexe féminin... quoi que... selon la Bible, le premier accouché était Adam, Ève étant sortie de sa côte... Et du coup, la première sage-femme était Dieu le Père !

 

Les protagonistes de ce tableau sont empruntés à Jean Souverbie, et installés dans une composition inspirée de Maurice Estève. En bas à droite un petit clin d'œil à deux gravures anciennes, l'une représentant la Création d'Ève, et l'autre une femme en train d'accoucher implorant la protection de la déesse Lucine.

vendredi, janvier 16, 2026

Le temps qui passe

 

Gilles Chambon, "Le temps qui passe", huile sur toile 65 x 58 cm, 2026

La peinture est-elle vaine ? Pas plus que la vie... et les peintres ne se sont pas privés de le rappeler, en faisant de la vanité de l'existence un genre pictural.

 

Le temps passe sans s'arrêter, de la jeunesse à la vieillesse, du temps des amours au temps de la réflexion, du temps de la gloire au temps des ruines. Mais l'esprit humain de se résigne pas, il combat le temps en protégeant sa mémoire et en s'armant de souvenirs.

 

La peinture synchronistique aussi combat le temps, en façonnant son présent avec des formes issues des œuvres du passé. Ici il y a des réminiscences d'anonymes vénitiens du XVIe siècle, de Prud'hon, de Turner, et de Lanskoy.

dimanche, janvier 04, 2026

Zéphyr et Flore

Gilles Chambon, Zéphyr et Fore, huile sur toile 65 x 50 cm, 2026

 

Couple mythologique symbolisant le vent d'ouest (Zéphyr) qui féconde le printemps et la floraison (la nymphe Flora - Chloris, pour les Grecs -). De leur union naîtra un enfant : Carpos, qui signifie le fruit.

 

Flore et son bouquet de fleurs sont ici inspirés d'Odilon Redon (Ophélie parmi les fleurs), et associés synchronistiquement à Zéphyr, issu d'un dessin du Bolonais Domenico Maria Canuti (1625-1684) et à son souffle fécond, réinterprété d'une eau-forte (1974) de Zao Wou-Ki.

mardi, novembre 18, 2025

Petite berceuse synchronistique

 


Gilles Chambon, Petite berceuse synchronistique, huile sur toile 46 x 61 cm, 2025
 

Pour emmener les enfants dans la rêverie qui précède le sommeil, rien de tel qu'une histoire à dormir debout. Tout s'emmêle en elle, de sorte que cent récits s'y condensent, et font danser la lune. De vieux souvenirs d'Alberto Savinio entrent alors par effraction dans une nature morte de Jean Metzinger, qui s'en trouve toute renversée, et une colonne même s'en mêle... Voilà bien une drôle d'histoire ; il ne faut pas la raconter... juste l'imaginer !


vendredi, novembre 07, 2025

Le bon Samaritain

 

Gilles Chambon, "Le bon Samaritain", huile sur toile 50 x 65 cm, 2025

Dans la parabole du bon Samaritain (évangile de Luc), Jésus interprète l'injonction « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19:18) comme l'attention altruiste qu'il faut accorder à son "prochain", même si celui-ci n'est pas un ami, et même si cela va à l'encontre des prescriptions de la loi.

 

Ce thème, souvent traité par les peintres, symbolise dans l'esprit de Luc (disciple de Paul de Tarse) le rôle joué par les non Juifs dans l'attention et l'aide apportée à la foi chrétienne, laissée sur le bord du chemin par ceux qui l'avaient fait naître.

 

Aujourd'hui, les communautarismes sont à leur apogée et une piqûre de rappel n'est pas inutile. Souvenons-nous qu'Ivan Illich proposait de voir le Samaritain comme un Palestinien prenant soin d’un Juif blessé !

 
Dans ma peinture synchronistique, le groupe de l'homme blessé et du Samaritain est inspiré d'un croquis de Rembrandt. Le paysage, chaotique, est détourné d'un "roi" d'Antoni Clavé, basculé pour perdre sa nature figurative et redevenir un simple jeu formel. Il symbolise le monde d'aujourd'hui qui se disloque, et dans lequel beaucoup suivent leur chemin comme des automates, indifférents à l'agonie de certaines valeurs humanistes.

vendredi, septembre 26, 2025

L'oiseau transmigrateur

 

Gilles Chambon, L'oiseau transmigrateur, huile sur toile 49 x 60 cm, 2025

La réincarnation est une idée aussi vieille que les humains. On la trouve en particulier dans les mystiques orientales, mais elle existe aussi chez les Grecs et les Egyptiens. Avec mes peintures "synchronistiques", j'ai pensé que revivre sous une autre forme pouvait aussi profiter aux œuvres des artistes. 

 

Mon oiseau transmigrateur (qui vient de Paul Klee), s'est donc perché sur un esprit de la forêt en présence d'un Bouddha (tous deux venus d'Odilon Redon), et dans un jardin abstrait surgi, puis transformé d'un dessin de Maurice Estève. 

Palingénésie des œuvres picturales !

vendredi, septembre 19, 2025

Voyage en Absurdie

 

Gilles Chambon, Voyage en Absurdie, huile sur toile 45 x 55 cm, 2025

L'Absurdie, c'est ce pays enfoui au fond de nos rêves les plus scabreux, et que Goya explora abondamment à travers ses "Disparates"... Je me suis ici emparé de son "Disparate volant", sorte de croisement entre l'oiseau Rokh des Mille et Une nuits et Pégase, ce cheval ailé de la mythologie grecque, porteur de tonnerre et vainqueur de Chimère...

Le cavalier emmène sur son dos une pauvre femme (peut-être sa psyché ?), vers un monde inconnu où les planètes et les montagnes s'entrechoquent, où les lumières et les ombres se croisent dans une danse géométrique, inspirée par une composition abstraite de Robert Marc (1943-1993). Et sur la gauche, une apparition pale, blanche et immobile, va faire danser la lune et coucher le soleil.

vendredi, septembre 05, 2025

Dédale et Icare

 

Gilles Chambon, Dédale et Icare, huile sur toile 45 x 52 cm, 2025

Dédale et son fils Icare ont fui par les airs le labyrinthe où Minos les retenait captifs. Dédale, grand architecte et inventeur, avait conçu des ailes de plumes et de cire, en s'inspirant des oiseaux. Mais le jeune Icare ne respecta pas les consignes de vol donnée par son père, et s'élevant trop près du soleil, vit ses ailes se démanteler, provoquant une chute mortelle.

 

Ce mythe est très proche de celui de Phaéton, fils d'Apollon, qui, ayant pris le char solaire de son père, ne sut le conduire, fut foudroyé par Zeus, et tomba dans le fleuve Eridan.

Ces deux histoires mettent en garde les jeunes gens trop fougueux contre les risques mortels qu'ils encourent s'ils s'affranchissent des règles fixées par leurs aînés...

 

L'Icare de mon tableau est réinterprété d'une petite gravure d'Hendrick Goltzius (il en avait fait une très semblable de phaéton). Le paysage, quant à lui, fait un clin d'œil à Cézanne et à Christine Boumeester, qui tous deux, à leur façon, ont exploré la lumière en se gardant des couleurs trop intenses, qui les auraient certainement fait chuter dans l'abîme !


dimanche, août 31, 2025

Les jouets du Destin

 

Gilles Chambon, Les jouets du destin, huile sur toile 64 x 45 cm, 2025

Le destin est ce que l'on comprend après, une fois que les choses sont arrivées.

 

Depuis la Renaissance, Il est d'usage, dans la peinture religieuse, d'accompagner les personnages, notamment le Christ enfant, de symboles qui font allusion à leur vie future. Dans cet esprit, j'ai donc peint une Vierge à l'enfant avec saint Jean, où ce sont les jouets posés sur le berceau au premier plan qui symbolisent de façon assez crue la tragique destinée des deux bambins.

En s'amusant, les petits savent-ils qu'ils sont eux-mêmes de simples jouets que le destin combinera à la façon d'un kaléidoscope ?

 

En faisant ce tableau synchronistique, j'ai pensé à "Voyages en kaléidoscope", opuscule paru en 1919, de la scénariste Claude Lorrey, poétesse proche des surréalistes. Elle y inventa le projecteur-kaléidoscope, qui restitue en métaphores animées « le sens caché de toutes choses » et le miracle observé de la « fusion de l'individu et de la collectivité (...) L'Harmonie naissant d'un échange de vues ! »

 

J'ai donc transposé la Madonna della candela de Luca Cambiaso dans un paysage où s'imbriquent des architectures italiennes et une montagne kaléidoscopique, inspirée d'une "triste figure", de Picabia (1912).

samedi, août 23, 2025

Rencontre du deuxième type

 

Gilles Chambon, Rencontre du deuxième type, huile sur toile 45 x 57 cm, 2025

Si les soucoupes volantes ont été imaginées relativement récemment (1947), l'hypothèse d'une vie extraterrestre remonte à l'antiquité. Au 1er s. av J-C, Lucrèce, dans son De natura rerum, en imagine la possibilité : " Si la même force, la même nature subsistent [...] en tous lieux [...] il y a dans d’autres régions de l’espace d’autres terres que la nôtre, et des races d’hommes différentes, et d’autres espèces sauvages." Plus tard, Giordano Bruno, puis Kant, l'évoqueront également.

 

Aujourd'hui, la science a fait de la vie extraterrestre une presque certitude, mais la rencontre avec des extra-terrestres, si elle a envahi les romans de SF et le cinéma, reste une hypothèse très hasardeuse. Rappelons-nous cependant que c'est en croyant à l'incroyable que l'on peut espérer transcender la condition humaine.

Alors j'ai ici repris synchronistiquement trois personnages de la grande crucifixion de Tintoret, dont saint Jean l'évangéliste, qui croyait à l'incroyable et l'a annoncé à toute l'humanité... J'ai voulu dans ce tableau les confronter à nouveau à l'incroyable, mais à l'incroyable d'aujourd'hui, celui qui fascine l'imaginaire contemporain. Et j'ai choisi pour ça une évocation cosmique inspirée d'un tableau de Giacomo Balla (1871-1958).  

vendredi, juillet 25, 2025

IN VINO VERITAS

 


Gilles Chambon, IN VINO VERITAS, huile sur toile 150 x 390 cm, 2025

"IN VINO VERITAS"

 

Quelle vérité dans le vin ?

 

Tacite raconte que les Germains s’enivraient pendant leurs conseils, pensant qu'ainsi les hommes s’exprimaient avec une plus grande franchise. Les chinois avaient aussi une maxime qui disait : « Après le vin, on a la parole vraie ». Ou encore, dans le Talmud babylonien, il était dit : « Vient le vin, sort le secret »...

Alors oui, le vin libère la vérité parce qu'il supprime momentanément les barrières psychologiques et sociales. Plus d'hypocrisie, plus d'affèteries, mais une vérité qui peut friser l'indécence et l'outrance...

Mais il y a bien plus que ça dans cet aphorisme ; la symbolique du vin atteint les couches profondes de notre imaginaire : Jésus qui change l'eau en vin, l'analogie entre le vin et le sang, le mystère de la coupe qui a reçu le vin pendant la dernière cène, et qui a ensuite recueilli le sang divin...

Il y a aussi Bacchus et ses mystères, dédiés aux forces fécondantes de la nature, qui sont libérées à travers l'orgie et l'ivresse.

 

Alors la vérité du vin est pour moi dans toute cette poésie, dans ces rêveries parfois profondes qu'il a suscité au cours des âges... et je me suis amusé à en donner une version personnelle, en m'appuyant synchronistiquement sur des personnages de Pierre de Cortone associées à des formes et des couleurs inspirées de André Lanskoy.

 

Quelques détails de cette grande toile :

 

Faune portant le "vannus" mystique, et bacchante tenant une coupe

 
Silène ivre chevauchant un âne


Le jeune Bacchus levant son verre, associé à quelques mystères symboliques


vendredi, juillet 11, 2025

Ulysse et les Sirènes

 

Gilles Chambon, Ulysse et les Sirènes, huile sur toile 45 x 63 cm, 2025
Dans l'Odyssée, chant XII, vers 39 et 40, la magicienne Circé met en garde Ulysse :

Σειρῆνας μὲν πρῶτον ἀφίξεαι, αἵ ῥά τε πάντας

ἀνθρώπους θέλγουσιν, ὅτις σφεας εἰσαφίκηται.

" Il vous faudra d’abord passer près des Sirènes. Elles charment tous les mortels qui les approchent. "

 

Les Sirènes sont le symbole des terreurs et fascinations de la mer, ainsi que l'archétype des femmes séductrices et insaisissables. Filles du dieu fleuve Achéloos et de la muse Terpsichore, leur légende est comme un palimpseste où chaque poète écrit sa version de leur origine, de leur nombre, de leur forme, et de leur pouvoir... mais tous s'accordent sur l'issue fatale qui guette le pauvre marin tombé sous leur charme. Seule une ruse permet d'en réchapper. Ainsi Ulysse, s'étant fait attacher au mât du navire, put profiter de leur beauté magique de leur chant sans en subir les mortelles conséquences. 

 

Pour éviter au spectateur de mon tableau d'être à son tour victime de leur charme maléfique, j'ai représenté les Sirènes de dos, empruntant leur mystérieuse poésie à deux jeunes filles de Paul Delvaux. Quant à Ulysse, qui les contemple de face avec un air apparemment très détaché, il a été pourtant bien été attaché au mât par le peintre Léon Belly (1827–1877). On perçoit néanmoins son trouble en constatant qu'à l'écoute et à la vue des Sirènes, son vaisseau perd peu à peu de sa substance, pour finir par ressembler à un tableau abstrait de Richard Diebenkorn (1922-1993).

vendredi, juillet 04, 2025

Suzanne et les vieillards

Gilles Chambon, Suzanne et les vieillards, huile sur toile 45 x 77 cm, 2025

L'histoire de Suzanne et les vieillards est horrible : deux vieillards voyeurs et concupiscents sont éconduits par Suzanne... pas de quoi en faire une affaire, me direz-vous. Mais à l'époque de la Bible, on ne rigolait pas, c'était un peu comme aujourd'hui chez les Ayatollahs : on tuait les femmes infidèles, et on tuait aussi les faux témoins. C'est ce qui arriva d'ailleurs aux deux vieux menteurs qui voulaient faire périr Suzanne en l'accusant d'adultère parce qu'elle avait osé leurs refuser ses charmes.

 

Alors pour rendre l'anecdote plus cool, j'ai rafraîchi la fable ! On y voit une Suzanne très posée, en train d'enseigner aux vieillards, qui n'en reviennent pas, les nouveaux codes de bienséance ainsi que l'emblème des luttes féministes.

On peut toujours rêver !

 

Les personnages sont empruntés à trois tableaux du Guerchin, et s'inscrivent dans un environnement cubiste inspiré d'Henri Hayden.

mercredi, juin 18, 2025

Les couleurs de l'été

 

Gilles Chambon, Les couleurs de l'été, huile sur toile 45 x 45 cm, 2025

Quand l'été gonfle les couleurs comme les voiles d'un bateau, quand rêver à la plage devient une obsession, quand je vois au large mes lointains souvenirs... Tant bien que mal, j'amarre ma peinture synchronistique à quelques belles compositions d'Henri Matisse et de Sonia Delaunay.

vendredi, juin 13, 2025

Une énigme attique

 

Gilles Chambon, Une énigme attique, huile sur toile, 46 x 67 cm, 2025

Œdipe savait résoudre les énigmes, mais ça ne l'empêchait pas de rester le jouet de son destin révélé par l'oracle d'Apollon, et ce malgré les efforts de ses parents, puis de lui-même, pour le déjouer. Quant à la sphinge, qui s'amusait à poser des questions et dévorait ceux qui n'avaient pas les réponses, elle était sans doute très mauvaise joueuse, puisqu'elle se jeta d'un rocher quand Œdipe la mit en échec. Ces histoires à dormir debout semblent bien folles, mais elles ont cependant fait couler beaucoup d'encre, et les plus grands penseurs et hommes de science, dont Freud et Lévi-Strauss, ont été fascinés par cette histoire bizarre, tentant, comme Œdipe lui-même, de trouver une solution à l'énigme symbolique contenue dans le mythe.

 

Je crois qu'aucun n'a trouvé la véritable solution, et que leurs élucubrations théoriques ne survivront pas au verdict de la science qui avance. Les seuls à avoir donné la bonne réponse sont donc les poètes et les artistes : en effet ils se nourrissent d'histoires et de légendes, et n'étant pas prisonniers de la pensée logique, ils sont capables de digérer les contes les plus saugrenus et d'en fortifier leur art !

Dans ce tableau synchronistique, ma recette pour accommoder le mythe est un mélange de Giorgio de Chirico et d'Alexandre Séon (1855-1917), dans un paysage inspiré d'Alfred Reth (1884-1966).

lundi, mai 12, 2025

Devant l'Enfer

 

Gilles Chambon, Devant l'Enfer, huile sur toile 57 x 71 cm, 2025

Dans l'Âne d'or (IIe s.) Apulée raconte l'histoire d'amour terriblement compliquée entre Psyché (l'âme) et Cupidon (l'amour), fils de Vénus. L'histoire se terminera par un mariage, mais que d'épreuves à traverser auparavant ! Parmi toutes celles que doit surmonter Psyché, la dernière est une visite à la reine des Enfers. C'est Vénus qui lui a ordonné d'aller chercher auprès de Proserpine un élixir de beauté. L'accès aux Enfers étant interdit aux vivants, psyché doit endormir Cerbère pour pouvoir y pénétrer, accomplir sa mission, et en revenir saine et sauve.

 

C'est ce face à face avec le gardien infernal qu'évoque mon tableau. On peut y lire le terrible moment où l'âme se rapproche de la mort sans accepter de renoncer à l'existence. J'ai synchronistiquement utilisé "La laitière de Bordeaux" (que Goya a peint en 1827 – un an avant sa mort) pour personnifier Psyché, et le chien à trois têtes est repris d'un dessin aquarellé de William Blake, fait aussi en 1827. Quant à l'évocation de l'Enfer, qui est le royaume de Pluton, elle est l'adaptation d'une image de la planète Pluton, prise par la sonde spatiale New Horizons en 2015...

mardi, avril 29, 2025

La Licorne et le lion

 

Gilles Chambon, La Licorne et le Lion, huile sur toile 54 x 77 cm, 2025

Dans le chapitre VII d'Alice au Pays des Merveilles, le Roi emmène Alice voir le combat de la licorne et du lion, qui se bagarrent pour la couronne, sans jamais finaliser la chose, chacun ayant en fin de compte sa part de gâteau ! Clin d'œil à l'Écosse et l'Angleterre, dont les emblèmes sont la Licorne et le Lion, réunis dans les armoiries du Royaume-Uni.

Mais dans le monde imaginaire, la confrontation du lion et de la licorne symbolise aussi l'alternance du jour (le lion) et de la nuit (la licorne)... Et comme le remarquait Dali, la licorne reste un animal éminemment mystérieux par son ambivalence, à la fois symbole de chasteté associé à la virginité, et symbole de force sauvage associé à la puissance génésique.

 

Ma peinture est donc une sorte de rêverie, où toutes ces connotations se mélangent. Elle est construite synchronistiquement à partir de réminiscences du "banquet des dieux" de Giovanni Antonio Galli (1585 – 1652)., tandis que la licorne est empruntée à Alessandro Bonvicino (1498-1554) et le lion à Rubens ; le passage du jour à la nuit est quant à lui inspiré par la puissance évocatrice d'un tableau de Zao Wou-ki...

vendredi, avril 11, 2025

Le principe d'incertitude

 

Gilles Chambon, Le principe d'incertitude, huile sur toile 52 x 75 cm, 2025

Une femme au saut du lit se questionne sur son désir et le compare aux propriétés de la physique quantique : à la fois présent et absent (superposition d'états), en même temps orienté dans un sens et dans l'autre... les deux hommes – l'un la tête vers le bas et l'autre vers le haut – pouvant symboliser les valeurs possibles du spin attribué à chaque particule quantique.

 

Ainsi si le désir masculin s'apparente à la physique classique, peut-être que le désir féminin suit le modèle de la physique quantique...

 

J'ai tenté dans ce tableau l'intrication (quantique) d'une femme (Madeleine) de Lotte Laserstein (1898 – 1993), de deux nus masculins ("Hector", de jacques-Louis David, et "jeune homme assis" de Camille Corot). Quant à l'espace pictural dans lequel ils sont réunis, inspiré de Braque, il figure le caractère indécidable, à la fois ondulatoire et particulaire, de la réalité quantique.

jeudi, avril 03, 2025

Le rapt de Proserpine

 

Gilles Chambon, Le rapt de Proserpine, huile sur toile 45 x 55 cm, 2025

Près de l'Etna, Pluton jadis enleva Proserpine, fille de Déméter, pour l'épouser en enfer. Sa disparition de la surface terrestre engendra aussitôt la fin de la végétation. Alors les dieux lui permirent de revenir auprès de sa mère pendant huit mois de l'année, et de ne rester que quatre mois dans le royaume des ombres. Et chaque année cette sombre période est marquée par l'hiver, où les arbres semblent mourir, pour ne renaître qu'au printemps, avec les fleurs.

Beaucoup de poètes et de peintres ont raconté cette histoire qui comme les saisons, est peut-être destinée à renaître éternellement sous la plume ou le pinceau.

 

La mienne est synchronistique, inspirée de Claude Weisbuch (1927-2014) et d'Afro Basaldella (1912-1976), avec un petit clin d'œil à Rubens qui avait intégré la déesse Minerve à sa composition.