présentation des peintures synchronistiques

mardi, novembre 18, 2025

Petite berceuse synchronistique

 


Gilles Chambon, Petite berceuse synchronistique, huile sur toile 46 x 61 cm, 2025
 

Pour emmener les enfants dans la rêverie qui précède le sommeil, rien de tel qu'une histoire à dormir debout. Tout s'emmêle en elle, de sorte que cent récits s'y condensent, et font danser la lune. De vieux souvenirs d'Alberto Savinio entrent alors par effraction dans une nature morte de Jean Metzinger, qui s'en trouve toute renversée, et une colonne même s'en mêle... Voilà bien une drôle d'histoire ; il ne faut pas la raconter... juste l'imaginer !


vendredi, novembre 07, 2025

Le bon Samaritain

 

Gilles Chambon, "Le bon Samaritain", huile sur toile 50 x 65 cm, 2025

Dans la parabole du bon Samaritain (évangile de Luc), Jésus interprète l'injonction « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19:18) comme l'attention altruiste qu'il faut accorder à son "prochain", même si celui-ci n'est pas un ami, et même si cela va à l'encontre des prescriptions de la loi.

 

Ce thème, souvent traité par les peintres, symbolise dans l'esprit de Luc (disciple de Paul de Tarse) le rôle joué par les non Juifs dans l'attention et l'aide apportée à la foi chrétienne, laissée sur le bord du chemin par ceux qui l'avaient fait naître.

 

Aujourd'hui, les communautarismes sont à leur apogée et une piqûre de rappel n'est pas inutile. Souvenons-nous qu'Ivan Illich proposait de voir le Samaritain comme un Palestinien prenant soin d’un Juif blessé !

 
Dans ma peinture synchronistique, le groupe de l'homme blessé et du Samaritain est inspiré d'un croquis de Rembrandt. Le paysage, chaotique, est détourné d'un "roi" d'Antoni Clavé, basculé pour perdre sa nature figurative et redevenir un simple jeu formel. Il symbolise le monde d'aujourd'hui qui se disloque, et dans lequel beaucoup suivent leur chemin comme des automates, indifférents à l'agonie de certaines valeurs humanistes.

vendredi, septembre 26, 2025

L'oiseau transmigrateur

 

Gilles Chambon, L'oiseau transmigrateur, huile sur toile 49 x 60 cm, 2025

La réincarnation est une idée aussi vieille que les humains. On la trouve en particulier dans les mystiques orientales, mais elle existe aussi chez les Grecs et les Egyptiens. Avec mes peintures "synchronistiques", j'ai pensé que revivre sous une autre forme pouvait aussi profiter aux œuvres des artistes. 

 

Mon oiseau transmigrateur (qui vient de Paul Klee), s'est donc perché sur un esprit de la forêt en présence d'un Bouddha (tous deux venus d'Odilon Redon), et dans un jardin abstrait surgi, puis transformé d'un dessin de Maurice Estève. 

Palingénésie des œuvres picturales !

vendredi, septembre 19, 2025

Voyage en Absurdie

 

Gilles Chambon, Voyage en Absurdie, huile sur toile 45 x 55 cm, 2025

L'Absurdie, c'est ce pays enfoui au fond de nos rêves les plus scabreux, et que Goya explora abondamment à travers ses "Disparates"... Je me suis ici emparé de son "Disparate volant", sorte de croisement entre l'oiseau Rokh des Mille et Une nuits et Pégase, ce cheval ailé de la mythologie grecque, porteur de tonnerre et vainqueur de Chimère...

Le cavalier emmène sur son dos une pauvre femme (peut-être sa psyché ?), vers un monde inconnu où les planètes et les montagnes s'entrechoquent, où les lumières et les ombres se croisent dans une danse géométrique, inspirée par une composition abstraite de Robert Marc (1943-1993). Et sur la gauche, une apparition pale, blanche et immobile, va faire danser la lune et coucher le soleil.

vendredi, septembre 05, 2025

Dédale et Icare

 

Gilles Chambon, Dédale et Icare, huile sur toile 45 x 52 cm, 2025

Dédale et son fils Icare ont fui par les airs le labyrinthe où Minos les retenait captifs. Dédale, grand architecte et inventeur, avait conçu des ailes de plumes et de cire, en s'inspirant des oiseaux. Mais le jeune Icare ne respecta pas les consignes de vol donnée par son père, et s'élevant trop près du soleil, vit ses ailes se démanteler, provoquant une chute mortelle.

 

Ce mythe est très proche de celui de Phaéton, fils d'Apollon, qui, ayant pris le char solaire de son père, ne sut le conduire, fut foudroyé par Zeus, et tomba dans le fleuve Eridan.

Ces deux histoires mettent en garde les jeunes gens trop fougueux contre les risques mortels qu'ils encourent s'ils s'affranchissent des règles fixées par leurs aînés...

 

L'Icare de mon tableau est réinterprété d'une petite gravure d'Hendrick Goltzius (il en avait fait une très semblable de phaéton). Le paysage, quant à lui, fait un clin d'œil à Cézanne et à Christine Boumeester, qui tous deux, à leur façon, ont exploré la lumière en se gardant des couleurs trop intenses, qui les auraient certainement fait chuter dans l'abîme !