présentation des peintures synchronistiques

mercredi, janvier 25, 2023

Sous l'océan

 

Gilles Chambon, "Sous l'océan", huile sur toile 45 x65 cm, 2023

L’imaginaire a depuis longtemps fait du monde sous-marin un monde mystérieux, en miroir du nôtre, mais miroir déformant, dans lequel les créatures sont insolites, se mélangeant entre elles pour engendrer des êtres étranges, comme les sirènes à corps de femme et à queue de poisson.

 

J’ai ici évoqué synchronistiquement ce monde, en associant un paysage inversé de Rodolphe-Théophile Bosshard (1889-1960) avec deux sirènes issues d’illustrations (Chroniques de Hainaut, XVe s., et gravure anglaise de 1758), deux poissons empruntés à Picasso, et une langouste accompagnée de coquillages, inspirés d’une nature morte de Roger Bissière (1886-1964).

jeudi, janvier 12, 2023

Séduction

 

Gilles Chambon, Séduction, huile sur toile 63 x 50 cm, 2023

La féminité et ses attributs, la douceur, la souplesse, la beauté, et le mystère, ont depuis l’aube des temps séduits les cœurs masculins. Parfois jusqu’à l’obsession, comme chez Egon Schiele dont toute l’œuvre tourne autour de l’érotisme des corps.

 

Dans cette peinture synchronistique, j’ai pris deux filles issues des dessins d’Egon, représentatives de son expressivité érotique, et je les ai rapprochées d’une toile de Pierre Lesieur (composition aux poissons, 1961) rendue abstraite, et où j’insiste sur les dentelles de formes et de couleurs, qui rappellent pour moi le raffinement féminin.

samedi, janvier 07, 2023

Par une nuit de pleine lune

Gilles Chambon, Par une nuit de pleine lune, huiles sur toile 46 x 61 cm, 2023

Les nuits de pleine lune sont magiques… Les araignées tissent leur toile, et les couples somnolent en rêvant dans leur lit, ne sachant si la pâle clarté qui les réveille annonce l’aube ou vient encore de l’astre nocturne. 

Ici, mon imagination troublée a rapproché synchronistiquement l’araignée d’Odilon Redon d’un tableau abstrait (1948) de Youla Chapoval, et de personnages inventés à partir d’une composition (1959) de Sergio Dangelo.

lundi, décembre 19, 2022

L'attente

 

Gilles Chambon, « L’attente », huile sur toile 54 x 73 cm, 2022

Une attente dans l’ombre immobile, une plaine vide, un train à l’horizon, une tour où conduisent des chemins de peinture incertains…  Tout cela pour exprimer l’angoisse et l’espoir existentiels inhérents à la condition humaine.

 

Vision synchronistique inspirée de Chirico, de Picasso, et de Livio Marzot (peintre italien minimaliste né en 1934).

lundi, décembre 12, 2022

Atlas et le poids du monde

 

Gilles Chambon, " Atlas et le poids du monde", huile sur toile 46 x 65 cm, 2022

La mythologie est cruelle : il y a toujours les vainqueurs et les vaincus. Dans le combat des Titans contre les Dieux olympiens conduits par Zeus, la défaite des Titans les condamne à diverses peines éternelles. Pour Atlas, il est exilé à l’ouest du monde, et doit jusqu’à la fin des temps soutenir sur ses épaules la lourde sphère céleste. Άτλας, en grec, signifie d’ailleurs le « porteur ». Cette tâche est rude, Atlas se fatigue et voudrait se libérer de ce poids, qu’il cherche, par une vaine ruse, à confier à Héraclès.

 

Atlas portant le monde en fardeau est donc depuis longtemps dans nos imaginaires occidentaux. En architecture, ce sont des Atlantes (terme qui dérive d’Atlas), qui dans l’Antiquité et surtout depuis la Renaissance soutiennent les corniches ou les grands balcons de pierre. L’Atlante se dédouble souvent de part et d’autre d’une porte monumentale, ou comme l’Atlas de la Pointe de la Douane à Venise, dédoublé dans la grande sculpture en bronze de Giuseppe Benoni, ces deux Atlas jumeaux portant un monde dominé par la girouette de la Fortune. 

 

 

Que signifie alors la métaphore de la fatigue d’Atlas ? Sans doute que les forces primordiales sur lesquelles se sont bâties l’évolution et la complexification du monde finissent par s’éroder peu à peu. Et le poids du monde transformé par l’humanité commence à faire chanceler les piliers de la Nature ; le jardin aux pommes d’or des Hespérides, filles d’Atlas, commence lui aussi à mourir.

 

Pour cette composition synchronistique, j’ai rapproché et réinterprété un dessin d’Atlas de Baldassare Peruzzi (1481-1537), Metropolitan Museum of Art, et une aquarelle de Christine Boumeester (1904-1971).