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Gilles Chambon, "Christine et Olivier", huile sur toile 63 x 60 cm, 2022
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La mise en scène du portrait a
toujours été une préoccupation des peintres, puis des photographes, visant par
l’expression, le costume et les objets associés, ou encore le décor, à
qualifier d’une façon particulière la personne représentée.
Et la typologie de ces mises en
scène est très variée au cours des siècles, allant d’une reconstruction
symbolique calculée dans ses moindres détails (le Louis XIV de Hyacinthe Rigaud),
à un instantané réaliste comme pris sur le vif (le Sartre de Cartier-Bresson).
Les plus anciens portraits, tels
le portrait de Paquius Proculus et son épouse, à Pompéi (daté entre 20 et 30
ap. J-C), sont sans décor, la qualification des personnages étant définie par
le costume (toge de l’homme) et les objets tenus (« l'homme serre un
rouleau de papyrus, alors que la femme tient en mains des tablettes de cire
suggérant que l'homme s'occupait d'activités publiques ou culturelles et que
son épouse s'attachait à l'administration des affaires domestiques » -
wikipedia).
La plupart des portraits de la Renaissance ont aussi une absence de décor, et qualifient leur modèle par le
costume, les insignes et les objets tenus, mais aussi par l’attitude et le
réalisme des expressions du visage, le tout mis en majesté par la subtile
utilisation de la lumière et du clair-obscur.
Dans les portraits des siècles
suivants (et déjà dans le portrait des Ambassadeurs d’Holbein), le décor peut
prendre une importance capitale, qu’il soit très réaliste suggérant l’in situ (portrait
de Pierre-Joseph Proudhon et ses enfants par Courbet), ou au contraire
totalement fantaisiste (notamment photographies de personnages intégrés dans
des décors en toile https://www.laboiteverte.fr/photographies-anciennes-transports-et-decors-de-studio/).
La peinture moderne offre une
grande variété de travail du portrait, avec peut-être une prédilection pour les
portraits où le décor simplifié joue un rôle plastique comparable aux
harmoniques musicaux (Le portrait de sa mère par Whistler – 1871 – appelé par le
peintre «Arrangement en gris et noir n ° 1» en est peut-être le
prototype).
Mon portrait de Christine et
Olivier (respectivement ma fille aînée et mon petit-fils) puise un peu dans toutes
ces traditions, en recourant bien sûr à ce que je nomme la synchronicité. Les
personnages sont issus d’un instantané photographique, choisi pour ce qu’il
révèle de leur personnalité, et légèrement modifié (lumière, couleur, rayures
du teeshirt) pour mieux dialoguer avec l’ « harmonique musical »
du décor abstrait, réinterprété d’une
composition de Geer Van Velde, et qui vient intuitivement souligner les doux
sentiments qui relient les trois protagonistes entre eux (le troisième étant évidemment
le père et grand-père peintre !).