présentation des peintures synchronistiques

lundi, septembre 27, 2021

Le rêve de la femme-objet

Gilles Chambon, Le rêve de la femme-objet, huile sur toile 145 x 95 cm, 2021

 

Le rêve de la femme-objet est le premier panneau d’un triptyque qui s’intitulera « la nuit recouvrant le monde ».

 

Pendant la nuit, rêves, songes, ou cauchemars viennent assaillir notre esprit endormi. Ils ont un côté terrible parce qu’ils sont destructurés, et donc toujours ambivalents. Ils mélangent de façon inextricable désirs, craintes, souvenirs, prémonitions, mensonges, et illusions. Et lorsqu’on en tire un fil pour tenter de percer leur mystère, on ne sait jamais quel verdict va tomber. L’avantage du peintre qui s’empare des sujets oniriques, c’est qu’il peut préserver l’ambivalence et la polysémie. Le rêve de la femme-objet est-il une allusion à la création d’Eve à partir d’une côte d’Adam, initiant la vision patriarcale du monde ? Ou désigne-t-il la corruption de l’âme par l’argent ?

 

Quoi qu’il en soit, à l’image de nos rêves, ce tableau est composé d’éléments picturaux disparates et agrégés suivant la mécanique mystérieuse de l’imaginaire (synchronicité). La femme représentée est la reprise d’une interprétation de la Vénus anadyomène de Botticelli qu’a imaginé le graphiste polonais Tomek Karelus ("bad dream Mr Botticelli"). L’autre personnage est repris d’un dessin d’étude pour Dieu le père, que Raphaël fit en 1515. La cible et le dollar viennent d’un de mes propres tableaux ("la mathématique du plaisir", 2014). Quant au paysage, il réinterprète une œuvre de Zao Wou-Ki, dans laquelle surgit une ville imaginaire inspirée des lointains de Patinir.


mardi, août 10, 2021

Rencontres hasardeuses

 

Gilles Chambon, "Rencontre hasardeuse", huile sur toile 70 x 55 cm, 2021

Notre destin, tout le déroulement de notre vie, semble parfois lié aux rencontres que nous faisons. Certains d’entre nous croisent les bonnes personnes au bon moment, d’autres les mauvaises… et tout s’enchaîne, pour le meilleur ou pour le pire.

 

Dans ce tableau, j’ai imaginé une fête finissante où, tard dans la nuit, deux personnages équivoques se parlent, tandis qu’un troisième est resté seul. Quel coup va jouer alors le destin ?

 

Comme un deus ex machina, j’ai commis ici la rencontre hasardeuse et synchronistique d’Antoni Clave (1913-2005) – « peinture », hst 73 x 92 cm, et de Mario Sironi (1885-1961) – « trois figures » 1955, hst 70 x 90 cm.

samedi, juillet 17, 2021

Les aléas de la métempsychose

 

Gilles Chambon, "Les aléas de la métempsychose", huile sur toile 46 x 61 cm, 2021

La transmigration des âmes (métempsychose) est une croyance que l’on rencontre en Inde, mais aussi en Grèce ancienne, chez Pythagore. Dans l’une de ses nouvelles, Maupassant en donne une version particulière : l’âme « passe sans cesse de bête en bête et de sphère en sphère, allant du plus imparfait au plus parfait pour arriver enfin dans la sphère du bonheur suprême d’où une nouvelle faute peut de nouveau la précipiter dans les régions de la suprême souffrance où elle recommence ses transmigrations. »

 

 Ce tableau se situe juste au moment où l’âme fautive de Max  Ernst se trouve précipitée dans celle du peintre cubiste maudit Emmanuel Gondouin

vendredi, juillet 02, 2021

Hommage

 

Gilles Chambon, Hommage à Matisse et Christine Boumeester, huile sur toile 50 x 65 cm, 2021

La peinture synchronistique s’amuse à rapprocher des œuvres anciennes, pour en créer de nouvelles. 

 

C’est bien sûr l’occasion aussi de rendre un hommage sensible aux artistes qui ont marqué mon imagination picturale. Ils sont parfois très connus, comme Henri Matisse dont j’ai ici repris la célèbre Danse de 1910, ainsi que son autoportrait fauve de 1906. 

 

Mais la notoriété des grands maîtres ne doit pas occulter le talent d’une multitude d’autres artistes, parmi lesquels Christine Boumeester, que j’aime particulièrement. Je l’ai reliée à Matisse dans l’intimité de mon tableau. Son visage apparaît en haut à gauche, tel que l’avait peint son mari Henri Goetz en 1937. Et la fluidité musicale d’une de ses subtiles gouaches abstraites (1947) vient servir de décor à la ronde matissienne.

vendredi, mai 21, 2021

Magie noire

 

Gilles Chambon, Magie noire, huile sur toile 65 x 50 cm, 2021

Ce tableau montre la pythonisse d’Endor et le fantôme du roi Samuel qu’elle a fait apparaître à la demande du roi Saül (Bible, 1er Livre de Samuel, chapitre 28:3–25) ; les figures sont empruntées à une toile de Salvatore Rosa représentant cette scène : L'ombre de Samuel apparaissant à Saül chez la pythonisse d'Endor - 1668, 2,23 cm x 1,93 cm, Louvre. Les protagonistes sont ici mêlées synchronistiquement avec un tableau abstrait d’Albert Bitran (1928-2018) : Composition sur fond beige - gouache sur carton 61 x 47 cm.

 

La nécromancie est, au moins depuis trois mille ans, une spécialité des sorcières. Sous le patronage de la déesse Hécate, elles transgressent l’ordre naturel pour faire communiquer les morts avec le monde des vivants.

 

Mettre en relation des mondes irrémédiablement séparés est aussi ce que fait la peinture synchronistique : elle transgresse les codes de la création picturale pour mettre en synergie des personnalités et des imaginaires séparés par le temps.