présentation des peintures synchronistiques

samedi, juillet 25, 2020

Giorgio de Chirico valet de carreau

Gilles Chambon, Giorgio de Chirico valet de carreau, huile sur toile 61 x 50 cm, 2020
Ma série de tableaux-cartes synchronistiques en hommage aux peintres célèbres ne pouvait ignorer Giorgio de Chirico, l’un des peintres qui m’a le plus marqué, et que j’ai souvent sollicité dans mes œuvres synchronistiques. Il sera donc mon valet de carreau, lui qui s’est si souvent représenté de façon théâtrale. 

J’ai choisi ici un autoportrait de 1925 (62 x46 cm, Galleria Nazionale d’arte moderna, Rome), quand il avait 37 ans, et dans lequel on devine l’influence qu’il a pu avoir notamment sur Magritte. Je l’ai associé à une composition du peintre-graveur James Guitet (1925-2010), dont la géométrie aigüe évoque un miroir brisé ou un kaléidoscope : le peintre qui se représente ne brise-t-il pas symboliquement le miroir dans lequel il se regarde, ouvrant l’image réfléchie sur mille évocations mystérieuses ?

mardi, juillet 21, 2020

Gauguin valet de cœur

Gilles Chambon, Gauguin valet de cœur, huile sur toile 61 x 50 cm, 2020
 
Paul Gauguin est mon valet de cœur.  Il est le maître des riches harmonies colorées, qui s’exacerbent dans ses peintures jusqu’à l’extase. Il est aussi le découvreur des constantes naturelles, douces et oniriques, qui organisent les formes dans une sorte de rêve éveillé.
J’ai utilisé l’autoportrait de 1889 qu’il dédicaça au peintre Eugène Carrière (Washington, National Gallery of Art).
Et je l’ai associé à la violence primitive du peintre abstrait Alberto Burri (1915-1995), qui inventait formes et textures en brûlant des plastiques, craquelant des résines, et collant sables et tissus sur ses tableaux…

samedi, juin 27, 2020

Albrecht Dürer roi de trèfle

Gilles Chambon, Albercht Dürer roi de trèfle, huile sur toile 61 x 50 cm, 2020
Dürer est un des artistes les plus complets de l’histoire de la peinture : une technique hors pair, une inventivité sans pareil pour les compositions religieuses et les gravures mythologiques, un dont précoce de paysagiste et de dessinateur animalier, observant la nature dans ses plus infimes détails, mais surtout portraitiste incomparable, sachant saisir la vérité des caractères. On a dit qu’il était le véritable inventeur de l’autoportrait, et en effet Il a fait de lui trois tableaux magistraux, auxquels s’ajoutent quelques croquis et dessins, le premier à l’âge de treize ans.

J’ai choisi un dessin à la plume de 1504, où il s’était représenté nu, dans sa singularité, peut-être en réponse à l’homme idéal de Vitruve. Il incarne donc le roi de trèfle, et dialogue dans ce tableau synchronistique avec une composition revisitée de Afro Basaldella.

vendredi, juin 19, 2020

Van Gogh valet de pique

Gilles Chambon, Van Gogh valet de pique, huile sur toile 61 x 50 cm, 2020
Nous avons tous joué un jour au « Pouilleux », ce jeu dans lequel le valet de pique est appelé le pouilleux, le vieux garçon, le mistigri, le pissous, le puant, le paille-au-cul, ou encore le valet noir…

J’ai choisi Van Gogh pour l’incarner, peintre maudit s’il en fût, et j’ai utilisé son autoportrait au chapeau de paille (HST 40.6 x 31.8 cm, 1887, Met Museum), qu’il avait peint au revers d’une « éplucheuse de pommes de terre » de 1885, en se regardant dans un miroir. Je l’ai associé à une composition abstraite de 1967 du peintre italien Afro Basaldella, que j’ai aussi un peu réinterprétée pour la mettre en résonance avec le portrait.

lundi, juin 15, 2020

Artemisia Gentileschi dame de carreau

Gilles Chambon, Artemisia Gentileschi dame de carreau, huile sur toile 61 x 50 cm, 2020
Artemisia est la première femme peintre de l’histoire (et l’une des seules) à s’attaquer avec talent aux sujets bibliques habituellement réservés aux hommes.  Sa célébrité dans la première moitié du XVIIe siècle fut internationale. Dans notre culture contemporaine, elle symbolise aussi la lutte des femmes pour leur émancipation, notamment en raison de sa force de caractère dans le procès qui suivit son viol par le peintre Agostino Tassi. Artemisia est donc bien une reine parmi les peintres.

J’en ai fait la dame de carreau, carreau dont les quatre côtés rappellent quatre qualités qui la caractérisent : le courage, la fierté, le talent, et la sincérité.

Son apparence est reprise d’un de ses premiers autoportraits, l’autoportrait au luth (vers 1617-1618, huile sur toile, 65 × 50,2 cm, Minneapolis, Curtis Galleries). 

Mon tableau/carte, synchronistique, la place dans un décor issu d’une toile d’Albert Bitran (1931-2018), où transparaissent violence, énergie et beauté… Comme dans tout l’œuvre d’Artemisia.