présentation des peintures synchronistiques

samedi, juin 06, 2020

Francisco Goya roi de pique

Gilles Chambon, Francisco Goya, roi de pique, huile sur toile 61 x 50 cm, 2020
Parmi les figures de mes tableaux/cartes synchronistiques à l’effigie de peintres, Goya occupe maintenant la carte du roi de pique. 

Qu’il règne en maître sur l’histoire de la peinture, nul ne peut en douter. Mais  si je l’ai associé à la couleur « pique », c’est sans doute parce qu’elle est symbole de combat, de force, de violence, et que Goya s’est mesuré dans ses peintures, aux terribles monstres tapis au fond de notre inconscient. 

J’ai choisi le petit autoportrait (18 x 12 cm) de 1795, période où, suite à la grave maladie qui l’avait rendu sourd en 1793, il avait commencé à s’intéresser aux forces obscures qui taraudent les individus et les sociétés. 
En fond de carte, le décor abstrait est interprété d’un peinture de Zao Wou-ki. Chez cet artiste aussi on ressent, de façon sourde et plastique, le grand combat de l’ombre avec la lumière.

dimanche, mai 31, 2020

Picasso roi de carreau

Gilles Chambon, Picasso roi de carreau, huile sur toile 61 x 50 cm, 2020
Je continue ma série synchronistique des figures du jeu de cartes, personnifiées par des peintres. 
C’est Picasso, initiateur du cubisme avec ses Demoiselles d’Avignon, qui m’a semblé le plus approprié pour représenter le roi de carreau (le carreau c’est comme le carré et le cube, et de plus, avant d’être « carreau », il était « denier », ce qui convient somme toute aussi à Picasso !). 
J’ai choisi l’Autoportrait de 1907, de la même année que les Demoiselles d’Avignon, parce qu’il est déjà cubiste. Je l’ai associé à une composition réinterprétée de Jean Deyrolle, peintre de l’abstraction géométrique, mais tenant, comme les cubistes, de la « vision multiple ».

vendredi, mai 22, 2020

Élisabeth Vigée Le Brun dame de cœur

Gilles Chambon, Elisabeth Vigée Le Brun dame de cœur, huile sur toile 61 x 50 cm, 2020
Élisabeth Vigée Le Brun, grande portraitiste des cours aristocratiques européennes, représente la réussite exceptionnelle d’une femme de talent, n’ayant jamais rien renié de sa féminité. Peintre officielle de Marie-Antoinette, elle a fui la Révolution mais a continué à vivre de son talent de portraitiste en Italie, en Autriche, en Russie, en Hollande, et en Angleterre, avant de revenir en France au début du XIXe siècle. C’est l’une des rares femmes à avoir été admise à l’Académie Royale de Peinture (1783). Elle fut aussi une mère attentive et une amante aux nombreuses aventures. D’extraction relativement modeste (son père était pastelliste et sa mère fille de paysan), elle s’éleva grâce à son talent et à son sens des relations humaines, et profita de la liberté conquise au siècle des Lumières par les femmes éduquées. C’est sans doute ce féminisme aristocratique qui agaçait Simone de Beauvoir et lui fit écrire des âneries sur son compte dans « Le deuxième sexe », prétendant en gros que c’était une dilettante narcissique, ce qui est totalement erroné.

Je l’ai donc choisie comme reine de cœur pour mon jeu de carte synchronistique, en utilisant son autoportrait de 1790 (musée des Offices) fait en exil en Italie, et où elle s’est représentée telle qu’elle était quelques années plus tôt, en train de peindre la reine Marie-Antoinette. J’ai marié synchronistiquement ce portrait à une composition abstraite d’un peintre italien, Giuseppe Ajmone (1923-2005), aussi peu connu qu’Élisabeth Vigée est célèbre !

samedi, mai 16, 2020

Cézanne valet de trèfle

Gilles Chambon, Cézanne valet de trèfle, huile sur toile 61 x 50 cm, 2020
Suite de mon jeu de cartes synchronistique sur les peintres :

Le valet de trèfle est incarné par Cézanne, trait d’union entre l’impressionnisme et le cubisme, grand peintre de pommes, mais aussi de sa pomme (on lui connaît une cinquantaine d’autoportraits, si l’on compte les études). J’ai repris, ici inversé, le visage du « portrait de l’artiste vers 1875 » - musée d’Orsay, qui est doublement intéressant par l’expression, mais aussi parce qu’il s’agit véritablement d’un tableau synchronistique : en effet le paysage de fond peint par Cézanne dans cet autoportrait reprenait un paysage réalisé par son ami Armand Guillaumin. 

Je l’ai personnellement associé dans ce tableau-carte à une composition du peintre espagnol Orlando Pelayo, qui fréquenta Camus en Algérie, puis les peintres de Montparnasse après la guerre de 40. Peut-être parce qu’on y retrouve, comme chez Cézanne, une ode à la lumière méditerranéenne, et une volonté kaléidoscopique de diffracter l’image peinte.

jeudi, mai 07, 2020

Berthe Morisot Dame de Trèfle

Gilles Chambon, Berthe Morisot, Dame de Trèfle, huile sur toile 61 x 50 cm, 2020
Dans mon projet d’associer un/une peintre à chaque figure des cartes à jouer, j’ai choisi Berthe Morisot (à travers le plus célèbre des portraits qu’en a fait Manet) pour personnifier la dame de trèfle. L’enseigne trèfle symbolise traditionnellement les choses de l’esprit, ce qui me semble convenir tout-à-fait à cette artiste rebelle, figure de proue de l’impressionnisme. Ma composition synchronistique la met en résonance avec une peinture abstraite d’Afro Basaldella.