présentation des peintures synchronistiques

mercredi, janvier 28, 2015

Des villes imaginaires à la peinture synchronistique


Je viens d’éditer (à 250 exemplaires – il faut se dépêcher de l’acheter, il n’y en aura pas pour tout le monde !) un livre-album qui retrace mon évolution picturale depuis les années 80 : villes imaginaires, mythologie buissonnière, et enfin peinture synchronistique… 72 pages, dont 19 pages de texte et 53 pages d’illustrations couleur.

Sur la couverture, une petite vue de l’aquarelle « Antichtone », et ma cène synchronistique intitulée « Cent titres », grand tableau de deux mètres de long exécuté cet été, et que les parisiens pourrons découvrir du 4 au 28 février 2015 à la galerie Art&Miss, 14 rue Sainte Anastase, près du musée Picasso.



Je vous invite à venir nombreux… Le samedi 14 février en fin de journée, lors du vernissage de l’exposition, je dédicacerai mon livre à ceux qui le souhaitent. Merci à Priscilla De Roo d’avoir accepté d’être ma préfacière.


dimanche, janvier 18, 2015

L’âge d’or


Gilles Chambon, L'âge d'or, huile sur toile, 65x71cm, 2015
L’âge d’or est cet âge mythique où la vie des hommes s’écoulait comme du miel, dans la paix et la sérénité, alors que le dieu Chronos régnait sur le monde et prolongeait chaque instant en une sorte d’éternité.
Les créatures de ce temps vivaient dans l’innocence, inconscients de leur beauté ou de leur laideur.
Je leur ai donné l’aspect des « monstres » que Francis Picabia élabora entre 1924 et 1927, en partant d’œuvres des maîtres du passé qui lui servirent à inventer une série d’êtres étranges: ils sont à la fois beaux et laids, empreints d’une poésie aux accents jazzy.

Voici les trois peintures de Picabia que j’ai utilisées, à côté du modèle qui a servi de base à chacune d’elles.


J’ai donc réuni les créatures de Picabia en un âge d’or synchronistique, dont le paysage, encore voilé par la lumière dorée de l’aube des temps, est adapté d’une toile de Zao Wou-Ki (toile titrée 5 juin 1999; 162 x 130 cm).

samedi, janvier 10, 2015

La chute des anges


Gilles Chambon, La chute des anges, huile sur toile 60 x 66 cm, 2015
Lucifer, le puissant archange, sorte de Prométhée judéo-chrétien, défia Dieu et fut précipité en Enfer avec ses cohortes d’anges rebelles… Devenu Satan, il donna à Eve et Adam le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, entraînant leur exil du paradis, exactement comme Prométhée, qui, ayant dérobé le feu céleste de Zeus pour le donner aux hommes, fut pour cela enchaîné au Caucase et supplicié pour l’éternité.

Au début du XXe siècle, Malevitch, Kandinsky, Mondrian, suivis par la cohorte des avant-garde, se sont rebellés contre les lois de la représentation figurative qui régnaient jusqu’alors sans partage sur le monde de la peinture. Ils ont ouvert la boîte de Pandore, et ils ont provoqué la chute des arts visuels dans l’enfer contemporain de l’art total, sans règles et sans limites. Mais à l’instar du prince des démons tel que l’avait imaginé John Milton dans Le paradis perdu, beaucoup d’artistes d’aujourd’hui préfèrent « régner dans l’Enfer que servir dans le Ciel ». Milton fait encore dire à Satan : « [En Enfer] du moins nous seront libres. Le Tout-Puissant n’a pas bâti ce lieu pour nous l’envier ; il ne voudra pas nous en chasser. Ici nous pourront régner en sûreté ; et, à mon avis, régner est digne d’ambition même en Enfer. »

L’enfer est-il forcément le prix de la liberté, en art comme ailleurs ? Si c’est le cas, l’avenir de l’humanité est très sombre. Mais gageons que si la liberté peut se conquérir par l’orgueil – qui mena Lucifer en Enfer, et qui préside à tous les aveuglements, elle peut aussi se gagner par la raison, qui éclaire notre esprit et nous fait prendre conscience que toute vraie liberté demande de l’humilité parce qu’elle est relative : elle n’est pas toute puissance, mais partage…

J’ai voulu dans cette toile synchronistique, partager la puissance inchoative abstraite de Zao Wou-Ki (22.07.64, 1964, huile sur toile, 162 x 200 cm) avec l’élégance maniériste de trois figures angéliques, dérivées pour l’une d’un dessin représentant la chute des anges de Palma le Jeune, et pour les deux autres de la toile du Greco représentant le martyre de saint Maurice (Monastère San Lorenzo de l’Escorial).

mercredi, janvier 07, 2015

Je suis CHARLIE


Ce soir l’esprit français est en deuil…
Vive Charlie Hebdo ! Mort aux cons !

Après l’attaque de Charlie Hebdo et la mort de Cabu, Wolinski, Tignous, Charb, Maris, et Philippe Honoré, l’esprit français a été meurtri dans ce qu’il a de plus joyeux, irrévérencieux, talentueux, et libertaire.

Nous pleurons tous maintenant ceux qui nous ont offert tant de franches rigolades. La figure noire de la haine et de la bêtise, incarnée à travers le monde par l’Islam radical, a gangrené une partie de la jeunesse de nos banlieues et doit être combattue sur tous les fronts, sans état d’âme, et sans relâche. Il y va de la santé de nos démocraties, qui ne peuvent s’accommoder d’une menace fanatique, exercée par ceux qui conçoivent la vie comme une chape de plomb, le bonheur comme l’obéissance à une série d’interdits rituels plus stupides les uns que les autres, et le plaisir comme le viol et le massacre de ceux qui ne partagent pas leur folie sectaire.

Ce soir nous sommes tous affligés… et déterminés à continuer de porter haut le flambeau de l’humour et de l’art.