présentation des peintures synchronistiques

mardi, juillet 28, 2026

Dieu s'adresse à Adam et Eve au Paradis

 

Gilles Chambon, "Dieu s'adressant à Adam et Eve au Paradis", huile sur toile, 65 x 81 cm, 2026


Cette toile s'inscrit dans mes travaux actuels sur la réinterprétation en peinture. je choisi certains tableaux de ma collection personnelle (qui va du XVIe au XXe s.) et j'en crée des versions nouvelles, sans chercher, comme le faisait Picasso, à déconstruire l'original, mais plutôt à le faire sonner en harmonie avec mon propre style.

Le tableau dont je me suis inspiré ici est un tableau flamand du tout début du XVIIe s., basé sur la réinterprétation d'une gravure de Sadeler, elle-même issue d'un dessin de Maerten de Vos (1532-1603).

 


 

Dans la bible, Dieu s'est adressé à Adam et Eve plusieurs fois (Genèse, 1 et 2). La première fois pour leur dire de prendre possession de la terre, la deuxième pour les mettre en garde contre les fruits de l'arbre de vie et de connaissance, et la troisième pour les chasser du Paradis.

Il s'agit ici de sa première prise de parole. En regardant la scène représentée, on pourrait croire que Dieu leur dît de vivre en bonne harmonie avec les animaux qu'il avait créés... Mais le vivre ensemble écologique, ce n'était pas son truc ! Voici les paroles que la bible lui prête (Genèse. 1. 28) : "Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre"... les hommes l'ont fait, et c'est peut-être cela qui a fini par détruire leur paradis terrestre, plutôt que cette histoire de pomme !

lundi, juillet 13, 2026

LA DOUBLE CONSCIENCE

 

Gilles Chambon, Au-dessus du vide (vision synchronistique), huile sur toile, 73 x 54 cm, 2022

Nous avons deux consciences : celle de l'ici maintenant, de nos interactions quotidiennes avec la terre et les terriens vivants. Et celle de l'au-delà, celle qui nous relie à ce que nous connaissons par entremise, par souvenirs, ou par imagination, mais que nous ne pourrons jamais fréquenter : le passé disparu, l'avenir des générations futures, l'espace lointain hors de notre petit système solaire. Ainsi notre réel est un très petit bout, microscopique, de ce que nous nommons l'univers. On peut appeler cela notre finitude. Et peut-être est-ce cette seconde conscience qui nous distingue des animaux ; eux n'ont que la première conscience, celle de l'ici maintenant. Les anthropologues et les archéologues fixent souvent comme preuve de l'humanité de nos lointains ancêtres le fait qu'ils enterraient leurs morts... Et en effet on se soucie de nos morts quand on ne les oublie plus après leur décès, et quand on voudrait les prolonger dans l'au-delà. Cette seconde conscience est un accélérateur de l'évolution. Dès qu'on sait qu'il y a un au-delà, on cherche inlassablement à trouver les moyens de l'explorer, soit par petits pas, en allongeant la vie, en voyageant au-delà de la terre, en rendant plus vivants les souvenirs, soit en s'appuyant sur l'aide d'éventuels êtres ou procédés inconnus, sortis d'hypothèses admissibles par notre esprit. Les dieux, les anges, les extraterrestres, les fantômes ; les trous de ver (raccourcis dans l'espace-temps), la cryogénisation, les intrications quantiques, le transhumanisme, etc.

 

Mais la coexistence de ces deux consciences nous pose un autre problème : le besoin de savoir pourquoi. Les animaux ne se demandent pas pourquoi ils sont là, maintenant, et pourquoi ils n'y seront plus demain. Nous, cette question nous obsède : si l'univers dont nous analysons les signaux lointains est si vertigineusement vaste, si le temps d'existence des êtres vivants peut aller de quelques secondes à des milliers d'années, pourquoi sommes-nous enfermés dans cet habit trop étroit qu'est le temps d'une vie humaine ? Nous savons un peu comment notre conscience se forge : en refaisant en accéléré, de l'embryon (blastula, morula, etc.) jusqu'à l'adolescent, le lent parcours de l'évolution jusqu'aux humains. Mais nous ne savons pas pourquoi cela s'arrête parfois petit à petit, avec l'obsolescence sénile du cerveau, parfois brusquement, quand le corps meurt et s'arrête de fonctionner. La vie est apparue ; pourquoi ? la conscience est apparue ; pourquoi ? la double conscience (humaine) est apparue ; pourquoi ? Est-ce une caractéristique intrinsèque de l'univers global, que de faire surgir dans l'espace-temps des micro-consciences multiples capables d'en saisir certains rouages... pour l'investir peut-être dans son entier ?

 

Mais le cerveau humain n'est-il pas encore trop archaïque pour comprendre ne serait-ce que le commencement de ces problématiques ? Peut-être que ce qui compte est que cette double conscience, et l'insatisfaction fondamentale qu'elle engendre, agissent comme un moteur pour pousser la créature dans le sens d'une évolution dont il ne peut comprendre la raison ? Ce que nous partageons encore avec les animaux, c'est ce que l'on appelle l'instinct, cette force obscure qui les pousse à agir dans un sens plutôt que dans un autre, sans raison apparente, mais parce ce que le vécu des milliers de générations antérieures a laissé quelques traces incrustées dans les gènes. Alors, lorsque nous ne pouvons comprendre où nous emmène le chemin, laissons-nous guider comme les animaux, par notre instinct. Et sachons que si, quand on est dans le brouillard des situations compliquées, l'instinct conseille statistiquement la meilleure réaction, il est des cas où il se trompe. S'il y a une sorte de plan qui régit le sens de l'évolution, la part du hasard et de la chance laisse possiblement toutes les portes ouvertes ; il y a mille façons d'aller vers la destinée, et aussi mille façons d'échouer, même si l'on suit le bon chemin. C'est pourquoi sur ces questions qui dérivent de la double conscience, et qui ne concernent donc pas notre quotidien, il est difficile, peut-être impossible de donner raison à l'un et tort à l'autre. Alors que chacun suive ses intuitions et parie sur sa propre ligne d'errance... Le Dieu, ou le Diable, finira bien par décider pour lui.

gilles Chambon

samedi, juillet 04, 2026

Le Printemps, d'après Bassano

 

Gilles Chambon, Le Printemps, huile sur toile 46 x 61 cm, 2026

Les tableaux de Jacopo Bassano (1510-1592) illustrant les saisons ont été gravés par Jan Sadeler et ont donné lieu, pendant plus d'un siècle, à de nombreuses copies présentant des variantes de couleur, mais aussi d'interprétation. Il se trouve que j'ai dans ma collection une des copies de la saison du printemps, et j'ai décidé à mon tour d'en faire une copie, en la réinterprétant toutefois en fonction de ma connaissance des sources (gravure et tableaux) et en fonction de ma sensibilité esthétique (et poétique) contemporaine.

 

Ci-dessous la copie de ma collection, la gravure de Jan Sadeler, et la meilleure copie peinte connue du tableau original disparu de Jacopo bassano, faite par son fils Leandro.
 
                   
 
 
 
 
Pour en savoir plus sur les saisons en peinture voir :
https://art-figuration.blogspot.com/2014/06/les-quatre-saisons.html