samedi, février 21, 2009

La baie d'Alger, 2009

La baie d'Alger, huile sur toile, Gilles Chambon

Hommage à Albert Marquet qui, après s’être rendu régulièrement chaque hiver en Algérie pendant 25 ans, n’y retournant plus, se languissait et soupirait après le ciel d’Alger…

L'arrière port de l'Agha, un jour nuageux, Albert Marquet

J’ai visité récemment au musée de la marine l’exposition consacrée aux « itinéraires maritimes de Marquet ». Entre fauvisme et post-impressionnisme, ce grand amoureux des rivages et des ports, modèle au fil des tableaux la lumière brumeuse, sous laquelle tout contour devient esquisse, les contrastes violents, qui creusent dans les paysages des ombres plates et profondes, les reflets mobiles, qui donnent ce frémissement léger, cette palpitation de vie qui irrigue toujours, avec une régularité d’horloge suisse, la peinture du maître Bordelais.

J’ai deux points communs avec Albert Marquet : Je suis girondin (d’adoption), et je fréquente régulièrement Alger depuis plusieurs mois. Pour le reste, sans doute sa peinture vaut-elle mieux que la mienne, mais mon tableau du port d’Alger, peint cet hiver à partir d’une vue prise récemment depuis l’hôtel Aurassi, me fait penser que quelque chose d’essentiel, malgré la transformation des paysages urbains, traverse le temps. C’est vrai pour Alger, en tout cas, où la baie, depuis les hauteurs, offre toujours un des plus beaux spectacles au monde.

2 commentaires:

Pierre Pérot a dit…

gilles,

j'avais depuis longtemps l'intention d'aller sur ton blog, et voilu, un soir de beau dimanche, inspiré sans doute par le ciel, m'y voilo. Je ne sais pas si ta peinture est moins ou mieux que celle de Marquet, je ne sais pas qui le sait, mais j'aime beaucoup cette vue d'Alger.

J'ai musardé un peu sur ton site, et j'y découvre aussi bien les différences, les écarts à mon gout (les choses que j'aime moins) et de superbes éclairs : les zodiaques, où je retrouve des traces de Bacon.

Je sais aussi que ça va vite, et je suis surtout estampé par la vigueur de ta création, sa diversité. C'est dans un certain sens, une forme de liberté, qui je crois, n'est pas toujours si évidente pour ceux qui te connaisse. Il n'est pas si clair que ça qu'outre ta vraie bonhommie, ta réelle ouverture, tu ais ce sens délibéré de l'aventure et cette sorte de certitude que ça produit. Tu produit, gilles, et on est beaucoup à en avoir besoin. Je regrette donc pas cette aventure de ce soir. Ton blog est une belle porte sur d'autres facettes de toi, que je ne connaissais pas.

Bien à toi, P. Pérot

Gilles Chambon a dit…

Merci, Pierre, de ta gentille appréciation; ce blog est évidemment fait pour être visité, et j'essaie d'ajouter régulièrement des articles, même si le temps me manque en général pour approfondir les sujets abordés.
La diversité, je la recherche même si je la maintiens dans la limite thématique du blog; elle n'est jamais assez grande, c'est le vrai moteur du rêve, et le rêve est le moteur de la vie (le moteur mou, comme aurait dit Salvador Dali).

amicalement

gilles